Portrait spirituel de Saint Dominique




Saint Dominique, fra Angelico. Couvent Saint Marc, Florence, Italia

Il y avait chez lui une égalité d’esprit, bouleversé constamment par la compassion et la miséricorde. Le cœur réjoui réjouit le visage, l’équilibre serein de l’homme intérieur apparaît à l’extérieur dans la manifestation de sa bonté et dans la placidité de son regard. Il tenait une fermeté d’âme telle dans ce qu’il comprenait qui devrait être mené raisonnablement d’accord à la volonté de Dieu, que, décision prise après une délibération mûre, il n’a presque jamais accédé à changer d’avis. Le témoin de sa bonne conscience, comme il a été dit, rayonnait toujours dans la placidité sereine de son visage, sans effacer la lumière de son regard.


C’est ainsi qu’il attirait aisément l’amour de tout le monde ; quand ils le voyaient, ils entraient sans difficulté dans son cœur. Partout où il était, en voyage avec ses compagnons, chez quelque hôtelier ou chez une famille, parmi les gens nobles, princes et prélats, il savait trouver d’abondants mots édifiants et il multipliait les exemples avec lesquels il orientait l’esprit des auditeurs vers l’amour de Christ et au mépris du monde. Un homme à mots et actes évangéliques. Pendant la journée, il n’y avait personne de si affable avec les frères ou les compagnons de voyage ; personne de plus joyeux.


Pendant la nuit, personne de si tenace dans la prière, il pleurait toujours, et le matin il était inondé par la joie. Il consacrait la journée au frère et la nuit au Seigneur, convaincu comme il l’était que le Seigneur a envoyé pendant la journée sa miséricorde, et la nuit son chant. Il pleurait grandement et fréquemment, et les larmes lui étaient son pain quotidien, jour et nuit. Pendant la journée, surtout quand il célébrait la messe solennelle ; pendant la nuit, quand il veillait plus qu’aucun d’autre avec des longues prières.


Il avait l’habitude de passer la nuit fréquemment aux églises, jusqu’à l’extrême que c’était difficile de le voir se reposer sur un lit. Il priait pendant la nuit, et tout le temps qu’il arrachait à son corps fragile il le destinait à la veillée. Quand finalement la fatigue arrivait et l’esprit détendait, à cause du besoin de dormir, il se reposait devant l’autel ou n’importe où, souvent il posait sa tête sur une pierre, en suivant l’exemple du patriarche Jacob. Un temps bref passé, il revenait à la prière et à la veillée.


Il accueillait tous les hommes d’une charité colossal ; car il les aimait tous, il était aimé par tous. Sa devise était de se réjouir avec ceux qui se réjouissaient et de pleurer avec ceux qui pleuraient. Remplit comme il l’était de pitié, il se distinguait par son attention aux frères et sa compassion envers les défavorisés. Un autre trait propre chez lui : avancer par un chemin de simplicité, sans montrer aucun vestige de duplicité ou de fiction, en mots ou en actes.

Vrai aimant de la pauvreté, il s’habillait tout simple. Sa modération lors du repas était considérée ; il évitait le raffiné et il se contentait d’un repas simple. Il avait encore une très grande maîtrise de son corps. Il prenait le vin si mêlé avec de l’eau que, ses besoins corporels satisfaits, il n’affaiblissait jamais son délicat esprit.


Bienheureux Jordain de Saxe

Origines de l’Ordre des Prêcheurs, p.117-119

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